TOOL TRIP

AIE, AIE, AIE…

Pour tout être humain susceptible de se lancer dans une telle aventure, notre principal conseil serait le suivant: Organisez vos vaccins le plus tôt possible ! En gros, dès que vous avez décidé d’acheter votre billet, faites le point sur vos vaccins et prenez les premiers rendez-vous. Et là, aie, aie, aie…

Pirate SAM

Mieux vaut prévenir que guérir

Un tour du monde c’est d’abord une histoire d’aiguilles

Car, avant de partir et d’en profiter à max dans les contrées reculées – c’est bien le but non?-, il va vous falloir savoir gérer vos priorités pour gagner en efficacité.

  • D’abord, certains vaccins requièrent plusieurs injections successives. Souvent 2 ou 3 avec une semaine ou 2 d’intervalles entre elles. Cela mène à un mois pour un vaccin, avec des dates spécifiques où il faut être disponible (c’est pas toujours simple).
  • Ensuite, les vaccins qui sont dits « vivants », comme par exemple la fièvre jaune, doivent respecter un certain schéma c’est-à-dire que si le jour J vous vous faites vacciner contre la fièvre jaune, vous ne pourrez pas retourner au centre de vaccination une semaine plus tard afin de faire un autre vaccin « vivant ». Il faudra alors attendre 28 jours avant de pouvoir se faire administrer un tel type de vaccin, sans quoi il y a de fortes chances que la protection contre la maladie ciblée ne soit pas effective. Et on n’a pas trop envie de rigoler avec ces ennuis là…Bien sûr vous pouvez demander à faire plusieurs vaccins le même jour, un vaccin « vivant » et un autre atténué, même si les médecins déconseillent d’en faire plus de 2 à la fois, les interactions seront inexistantes (c’est en tout cas ce que l’on nous a dit!)
  • Enfin, certains vaccins ne sont pas faciles à trouver en province en particulier (les grandes villes ont toujours un centre spécialisé qui a le stock pour les voyageurs), il faudra donc les commander en pharmacie avant de pouvoir se faire piquer. On vous disait qu’il fallait s’y prendre à l’avance !

Comment se ruiner avant même d'être parti...?

Pour nous, voilà comment ça s’est passé. Vous aurez la version british et la version française. A la fin c’est les Bleus qui ont gagné !

Sophie a d’abord pris rendez-vous chez un généraliste en Angleterre. Même si la liste n’était pas si impressionnante, le devis du médecin était plus que salé : 561£ (770€ environ, ça pique les yeux) ! Le budget allait en prendre un coup direct, et encore ce prix était le fruit de longues heures de recherche. En plus, il allait falloir jongler tout l’été avec les dates des injections pour ne pas bêtement rater un rappel et alors perdre le bénéfice du vaccin (sans parler du gaspillage monétaire). Ça s’annonçait encore plus difficile pour nous deux d’organiser le trip à distance, Sophie en Angleterre et moi à Toulon.

C’est pourquoi on a décidé de tout faire en France.

Dans la foulée, nous avons pris rendez-vous au centre de vaccinations internationales et de conseils aux voyageurs en zone tropicale à l’hôpital Sainte Musse de Toulon.

Le couloir de la mort...

En effet, l’hôpital est le seul endroit autorisé à administrer les vaccins contre la fièvre jaune et l’encéphalite japonaise, deux vaccins qui étaient sur notre liste. Premier obstacle : le délai. Même en essayant de gratter un peu au téléphone, impossible d’avoir une simple consultation avant 6 semaines. Et il fallait encore attendre 28 jours de plus pour le vaccin de l’encéphalite. Dur !

Grâce au talent de Sophie pour les listes et l’organisation, tous nos vaccins étaient bouclés le 10 août 2015 – à peine 10 semaines après le premier coup de fil. Et cela incluait toute une liste d’autres vaccins qui seront détaillés plus tard dans l’article (Sophie a quand même subi 1 voire 2 injections par semaine pendant 6 semaines!). Et on a survécu !

Voici un bilan détaillé de ce que l’on a subi:

Sophie
  • Rappel de typhoïde
  • Hépatite B *3 (J0, J+28, J+180 – 1 rappel reste à faire)
  • Rage *3 (J0, J7, J21)
  • Fièvre Jaune
  • Encéphalite japonaise *2 (J0, J28)
Jean-Max
  • Rappel de typhoïde (cool…)
  • Prise de sang pour vérifier les anticorps de l’hépatite B = 1 malaise vagal (aie)
  • Rappel de méningite
  • Encéphalite japonaise *2 (J0, J28) = 1 deuxième malaise vagal (aie aie), ½ troisième malaise vagal pour le rappel (aie aie aie)

Voici à présent un petit détail des anecdotes rencontrées pendant cette phase ‘vaccination’ qu’on pourrait aussi appeler pour JM la phase torture.

malaise vagal

Pendant toutes ces années passées ensemble, on a pu se rendre compte que (presque) toute démarche est plus simple en Angleterre qu’en France. Une fois de plus dans le cas présent, comment comparer un rendez-vous de 15 minutes avec une infirmière en Angleterre pour réserver tous les vaccins sans plus de questions et le tour est joué avec ce qu’on a du faire en France ? Alors oui, comme c’était deux fois moins cher en France, on a choisi la difficulté et au lieu de prendre l’autoroute, on a pris les départementales et on a profité du paysage…

J'hallucine...!

En France donc, vous passez chez le généraliste, qui vous prescrit le vaccin que vous lui demandez (car à part les classiques, vous en connaissez beaucoup plus long que lui sur le registre des vaccins nécessaires aux voyageurs), vous allez à la pharmacie le commander, vous y retourner pour le récupérer, ensuite vous prenez rendez-vous avec le centre de vaccination (qui est ouvert seulement certains jours de la semaine) et c’est parti ! Alors bien sûr, si vous n’avez pas besoin de la rage, c’est pas trop compliqué, mais sinon, c’est plus la galère. Certains pharmaciens n’ont jamais commandé de leur vie ce vaccin, d’autres pensent que ça n’existe même pas, et d’autres encore pensent que vous êtes infectés rien qu’à leur en parler et veulent appeler les pompiers pour vous mettre en quarantaine !

Alors même si parfois, cette étape a pu nous paraître interminable, cela nous a permis de mettre quelques $ en plus de côté et c’était une bonne première expérience avant le début de nos aventures. On a prouvé que choisir l’option la moins chère nous réservait des surprises et prenait aussi pas mal d’énergie et de temps, mais au final on a économisé 350€ par rapport à la solution de facilité. Pas négligeable, surtout avant de faire un mois de shopping de voyageur…

En plus, on a rencontré des gens supers, en particulier les infirmières du centre de vaccination de Toulon qui ont vu Sophie toutes les semaines pendant plus d’un mois. Lors de notre première visite au centre, on explique la raison de notre présence, notre itinéraire, etc, et la première question posée par le médecin…

Doc : Est-ce que vous planifiez d’avoir un bébé dans les 3 prochains mois ? Car si c’est le cas, il faut absolument faire le vaccin contre …. (on s’en souvient plus), c’est indispensable pour la bonne santé du bébé !

Soph : Euhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh non on part voyager en sac à dos autour du monde c’est pas pour avoir un enfant !

Doc : Vous êtes sûre ?????????????? C’est hyper important d’y penser…

Soph : Ben oui je suis certaine, mais merci j’y songerai quand je serai concernée.

Doc : OK………Mais quand vous serez prête, n’oubliez pas, allez voir votre médecin traitant et demandez le vaccin !

Preparation for babyAu final, elle a même écrit sur le livret de vaccination international une petite note indiquant qu’il ne faut pas oublier ce vaccin avant la grossesse. (!!!) Pour toutes les autres injections, plus de questions de bébé de posées, c’était peut-être le taux de natalité du quartier qui avait besoin d’un coup de boost, on ne sait pas…

Concernant les autres médicaments à emporter avec nous, l’hôpital nous a conseillé de ne pas prendre de traitement antipaludéen préventif, mais uniquement curatif, vu la durée de notre séjour en zones impaludées. En gros, on y sera pour plus de 4 mois, donc on ne résisterait pas à 120 jours de malarone…C’est parfait pour nous, ça nous fait économiser un max sur les boites de médicaments (quasi 50€ la boite de 12!), et on est soulagés quant aux effets secondaires qui sont pas forcément sympathiques en voyage. On est aussi reparti de la consultation avec une ordonnance de Tiorfan et de Zithromax dans les cas d’intoxication alimentaire/tourista ultime, qui peuvent s’avérer très utiles pour ceux dont le ventre n’est pas jungle proof.

En plus de tous ces précieux conseils, on a reçu l’aide de la sœur de JM, Anne-Laure, pharmacien en chef, qui savait exactement les indispensables pour notre trip. Elle nous a rédigé une liste que nous avons emmené avec nous chez le médecin (oui encore lui). Quand il a vu la liste, il l’a parcouru comme un recruteur RH, recopié intégralement sur l’ordonnance et au moment d’y mettre le tampon nous a dit qu’on était prêt pour Koh-Lanta! Trop facile.

Médicaments avec boiteMédicaments sans boite

Même si on n’a pas l’habitude de prendre des tonnes de médocs pour un rien, et qu’il faudra sûrement trier si on veut éviter que les sacs pèsent 2 tonnes, on est contents de les avoir et ne jamais s’en servir !

Pour conclure, on voulait une nouvelle fois remercier toutes les personnes de l’hôpital Sainte Musse de Toulon et du laboratoire d’analyses médicales qui ont gentiment proposer du sucre et du jus d’orange quand Jean Max en avait le plus besoin, c’est à dire à chaque fois qu’il est question de prises de sang et d’aiguilles !

Malaise vagal hebdomadaire

Un petit jus d’orange pour reprendre des couleurs…

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