TOOL TRIP

Franchir l’Equateur sur la route

billet bus sumatra

Voici notre récit de notre épique et très long trajet entre Parapat et Bukittinggi.

C’est en tout cas ce voyage en bus qui nous permet de pouvoir dire qu’on a franchi l’Equateur sur Terre pour la première fois. En effet, j’avais déjà passé la fameuse ligne imaginaire sur les mers de l’Océan Atlantique à deux reprises (et dans les deux sens), avec la cérémonie qui va avec (offrandes à Neptune…) mais jamais sur la route.

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Top départ

D’abord je vous incite à prendre 5 minutes pour regarder sur un globe ou une mappemonde où sont situés ces trajets sur notre planète. Vous voyez? Ce n’est que dans des endroits « underground », un peu traff quoi. Et bien on vous le confirme le passage en Indonésie n’échappe pas à la règle, il se mérite amplement!

Quelques détails croustillants rien que pour vous donc, pour tenter de retranscrire notre expérience, certes inoubliable, mais usante…

Ce trajet nous était connu de longue date, puisque vu notre itinéraire à Sumatra, c’était un passage obligé du Nord au Sud, entre les coins qui nous intéressaient et on avait pu lire que ce n’était pas de tout repos…

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H+1, tout va bien

Nous avons donc quitté le lac Toba à regret mais sous un déluge cataclysmique, on y voyait pas à 10 pieds sur le bateau, on était aussi trempés que si on était rentrés à la nage (et je vous rappelle ce lac fait 450km2). Passons rapidement aux choses sérieuses: on se présente au guichet du bus de nuit qui part de Parapat vers 17h avec 3h et quelques d’avance, conseillé par les jeunes bataks qui nous disent que parfois ce bus est complet. Et bien pas raté, au comptoir on nous annonce qu’il est déjà plein (il vient de Medan la capitale), et il n’y en a qu’un par jour! On se voit déjà poireauter une journée entière pour rien dans un décor pas au top. Mais non, un peu de chance qui nous sourit puisqu’on nous dit qu’en fait il y a un autre bus qui arrive dans 20′ et qui passe aussi par Bukittingi. Génial, on prend celui là, 3h d’attente gagnées et quelques dizaines de ruppies en plus dans notre poche.

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H+2, encore le sourire

Car oui le bus que l’on nous propose n’a pas de toilettes et donc est moins cher (et plus ghetto). Petit hic, nous sommes en manque de cash, donc on parcourt la moitié de la ville à la recherche d’un distributeur qui veut bien être compatible avec nos cartes bancaires… Petit moment de stress, petite frayeur, mais c’est bon au final on trouve ce qu’il nous faut et en marchant au pas de l’oie on arrive à temps pour grimper à bord.

C’est parti pour ce qu’on nous annonce être un trajet entre 13, 15 voire 17 heures selon les conditions: conditions météo, conditions de circulation mais surtout conditions de la route elle-même.
A première vue, si vous voyez un bus dans cet état en Europe,

1, vous essayez de l’éviter,

2, dans les 10 minutes, une patrouille ira vérifier si il n’est pas plein de migrants cachés partout et si il a son contrôle technique à jour. Mais dans notre cas, on s’est assis à nos places numérotées et puis c’est tout.

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H+6

Comme il faisait encore jour, on n’avait plus qu’à ouvrir grand les yeux et profiter du paysage pendant quelques heures avant la tombée de la nuit. Et la paysage était magnifique: typique indonésien, des rizières, des montagnes, des palmiers, de l’humidité, des gens souriants…Et tout au long de la route, qui je vous le précise est soit disant L’AUTOROUTE de Sumatra, on peut voir une suite discontinue de villages avec des gens partout: imaginez la nationale 7 en France à l’exponentielle. C’est juste impensable que cette route soit la route principale de l’île. Par endroits, tout va bien, mais ailleurs, c’est le désastre, genre le Sud après un épisode cévénol. En fin de nuit, on est même restés bloqués près d’une heure pour faire 500m de lacets où une trentaine de camions avaient fini par tout coincer!

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H+11, Sophie sourit toujours

Voici un petit rébus expliquant notre vision du trajet:

4-4 franchissement

+

san francisco street

+

marteau piqueur

= prendre un bus de nuit à Sumatra…

A l’intérieur, l’ambiance n’était pas si ignoble que ça: pas de musique de dingo à 110dB, pas de gens assis dans l’allée centrale sur des strapontins et personne n’a vomi sur mon TShirt Icebreaker. Mais c’était quand même pas une Rolls-Royce: le moteur de la clim était juste au dessus de ma tête et faisait un bruit d’avion au décollage, la place pour les jambes était classique du pays (j’ai encore les genoux tout abimés…), et il y avait quelques créatures grouillantes sur les sièges voisins en quête de nourriture mais rien de bien détestable…Oh et bien sûr après quelques heures il faisait un froid de canard…mais on était préparés: double polaire, pantalon, cache cou…

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H+15, l’hécatombe…

Pour le reste de l’ambiance, le voyage a été rythmé par les arrêts au stand pour prendre de l’essence (et faire pipi), faire la prière (45′ de perdus quand même…), réparer les essuis glaces qui se bloquaient l’un sur l’autre (un mec à bord est quasiment dédié à aider le conducteur quand des choses comme ça arrivent…), et MANGER.

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L’ambiance lors des arrêts resto!

Je n’avais pas imaginé que ça allait se passer comme ça mais le bus s’arrête dans des restos type cantine pour routiers, ouverts 24/24, quand le conducteur a envie. Nous on s’est arrêtés deux fois à 18.00 et à 3h du mat!!! Bon ben à 18.00 ni une ni deux on est descendus et on a commandé on ne sait pas quoi, qui s’est avéré être un bol de riz avec une montagne de piment dessus! Pas top quand il reste 10h à se taper dans un bus sans toilettes, mais j’ai survécu. Un petit thé par dessus (dans une bouteille en verre qu’on croyait être du Coca) et ça repart! Pour la bouffe en pleine nuit, on a zappé, mais c’est assez dingue de voir 30 mecs en train de ronquer soudainement bondir de leurs sièges et s’empiffrer au resto.

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Manger local qu’ils disaient…

Au final nous sommes arrivés à Bukittinggi sur les 8 heures c’est-à-dire qu’il nous a fallu 17 heures pour faire les 500kms du trajet. Mais à l’aube, nous avons passé l’Equateur, pas peu fiers d’avoir survécu à un tel trajet.

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H+17, terminus tout le monde descend

Vous l’aurez compris, notre fil rouge de cet article consiste en 17h de selfies intensifs qui vous montrent que sur la fin ça commencait quand même à tirer un peu!

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Avant………………………………………………………… Après

Une réflexion au sujet de “Franchir l’Equateur sur la route

  1. Avatargps.

    bravo ! quel périple…

    mais du bonheur à engranger, en plus des souvenirs inoubliables, et que vous nous faites partager, avec en prime le sourire de Sophie ; merci merci…

    souquez ferme moussaillons, et…bon vent…

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