TOOL TRIP

Ile du Sud c’est parti: Chch et péninsule Banks

Welcome back!

Il aura fallu une situation tout à fait exceptionnelle combinant une pandémie mondiale et un confinement forcé pour que, avec plus de 4 années de retard, je retrouve mon clavier et un peu de motivation pour résumer les aventures de notre tour du monde laissées de côté à cause d’une vie quotidienne trop pressée. Alors bien sûr je sens qu’il est bien compliqué et même utopique de vouloir raconter des anecdotes aussi dépassées (de quoi vais-je me souvenir aussi longtemps après les faits) mais je me dis qu’au moins ça permettra peut-être à certains de rêver au monde qui les attend une fois cette épreuve actuelle surmontée. Alors pour reprendre l’épopée de tool trip, j’ai décidé de vous emmener à l’autre bout du monde, dans le Pacifique Sud, pour un road trip en van de 10000kms en Nouvelle Zélande parcourus sur un peu plus de 2 mois qu’on aurait bien vu se prolonger à volonté. C’est parti !

Akaroa sign

Des anecdotes à revendre

Comme on a rarement l’habitude de décevoir, notre arrivée au pays au long nuage blanc fut mémorable. Après une courte escale à Sydney pour dire bonjour aux amis de Sophie, on débarqua à Christchurch vers minuit direction notre Couchsurfing, dûment réservé en ligne dès notre départ des Philippines (on n’est jamais assez prudents). Sophie la pro de la logistique, une navette privée nous attendait au terminal, et nos bagages n’avaient toujours pas été paumés par une compagnie aérienne, un miracle. Par contre, le comité d’accueil du couchsurfing fut épique : à 2h du matin, on débarque dans ce qui ressemble à un squat, avec une vingtaine de personnes dans une maison de ¾ pièces, des jeunes de partout qui matent la télé et qui boivent des coups, et bien sûr aucune place pour qu’on puisse dormir quelques heures après un voyage éprouvant. On se jette donc par terre, au milieu de 3 autres personnes, dans un inconfort notoire (on regrette presque les nuits dans les bus asiatiques) et on serre les fesses jusqu’au lendemain.

Notre « chambre » (partagée avec 3 autres personnes)

Un squat…

Ben au réveil, c’est guère plus reluisant qu’en pleine nuit : pour résumer, le « proprio » s’était pris d’une mission humanitaire en accueillant tous les backpackers du monde qui faisaient une halte plus ou moins longue à Christchurch. Ce qui se prouvait être alors assez populaire : entre les vans garés de partout, les tentes plantées dans le jardin, et les sacs de couchage jonchés dans tous les recoins de la maison, on était assez pour organiser un tournoi de rugby. Pour info on a vécu CINQ jours dans ce taudis, on en a tiré assez d’anecdotes pour sortir un bouquin et pour être franc à l’époque on s’était dit avec Sophie qu’on n’écrirait rien sur cette période ; mais 4ans plus tard je pense que c’est vraiment un épisode improbable qui a totalement sa place sur ce blog.

Notre logis…

Ça fait en tout cas clairement partie du voyage : je venais juste de me faire arnaquer une somme d’argent monstrueuse depuis l’Europe alors qu’on était au fin fond des Philippines, et on avait quelques jours pour trouver un van à acheter avant de partir sur les routes pour 2mois. Donc les premiers jours furent dédiés à passer tous les coups de téléphone aux banques (en faisant coïncider le décalage horaire pour qu’ils daignent nous répondre) et à aller voir des vans à vendre dans le coin.

Le jardin…

Pour couronner le tout, Sophie avait une rage de dent indescriptible, n’ayant pas voulu déclencher de rapatriement les 8 semaines précédentes, et on a du s’occuper de ce « léger » problème de santé. Un seul conseil que je donnerai : les frais dentaires néo-zélandais sont aussi fracassants pour le porte-monnaie qu’un plaquage de Jonah Lomu en 2002…On le sent encore maintenant. Trois dévitalisations plus tard, et allégés de quelques (autres) milliers d’euros grâce à Boursorama, on a pu se concentrer sur la recherche du van, qui serait notre maison pour cette parenthèse au milieu du tour du monde, deux mois sans à refaire le sac, un luxe !

sophie dentist

Enième séance de torture (pas que pour le portefeuille)

Là aussi on aura tout vu, du van de 500 000kms que le petit français veut te vendre un prix exorbitant alors qu’il pue encore la marihuana (et que tous les locataires du couchsurfing te disent que ce van est connu pour avoir des problèmes mécaniques) au break aménagé (en gros un matelas posé sur la banquette arrière avec un brûleur à gaz au milieu des deux coussins) en passant par le van hyper bien tenu par une fille maniaque (mais hors de prix). Finalement on finit par jeter notre dévolu sur un Hi Ace de 25ans d’âge et quelques 250000kms au compteur, vendu par un jeune couple qui l’avait gardé un an et qui s’apprêtait à aller passer un an en Australie (les veinards).

Hank the van

On vous présente Hank le 3e larron de la bande

Et même si c’était le coup de foudre, là encore on a eu de quoi s’amuser avant de pouvoir annoncer en être les fiers propriétaires. Lors d’un premier test obligatoire qu’on fait dans un centre agréé (avant de pouvoir procéder au changement de la carte grise), on se fait approcher par des gars qui nous disent que ya tel et tel problème, qu’en fait le van est pourri etc. Les futurs anciens proprios sont avec nous, sentent le coup louche et commencent à s’énerver. Nous on ne sait pas trop quoi faire, donc on propose d’aller dans un autre centre, puisque la confiance n’est plus là avec le premier ; effectivement, quelques heures plus tard, et après confirmation d’un second centre, tous les problèmes listés par le premier n’existent pas. On découvrira après qu’en fait le mec qui nous héberge connaissait le premier centre, voulait qu’on prenne un autre van, et donc avait fait en sorte que le garagiste nous dissuade de l’acquérir. Vous voyez un peu le truc ? On commence franchement à être en plein délire là (et je vous passe les soirées où notre cher ‘Richard’ fait son beau auprès de sa cour de jeunes allemands en leur racontant n’importe quel bobard sur le fait qu’il connait le réalisateur du Seigneur des Anneaux ou qu’il est grand juge au barreau de Londres…

En avant Guingamp

Bref, au bout de 5 ou 6 jours, on est en règle, on a notre nouvelle maison roulante, Sophie des nouvelles dents, moi un nouveau livret A vide, et on est parés à prendre la route. Pas ultra sereins sur un tel parcours, on décide par sécurité de mettre le cap sur la péninsule de Banks comme première destination car c’est qu’à une heure de Christchurch, c’est très joli et on repasse par la case départ si jamais on a un souci. Vous avez l’habitude, vous n’avez même pas besoin que je le précise, au bout d’une heure, et juste au moment où on approche notre première gravel road (ces routes non bitumées qui mettent en résonance les véhicules) on a une super fuite du radiateur qui coule de partout, ça fume dans la cabine et ya un vacarme pas possible (la route monte, ya pas de réseau, ya personne, bref c’est parfait).

 

 

French farm bay

Bienvenue dans la baie « French Farm »

Après quelques prières, et une descente interminable vers French Farm où j’ai ruiné les freins (ça a failli finir comme dans un mauvais film) on est arrivés à notre premier camping, qui est en fait un parking le long de la route, bien situé en face d’un lac, mais bien connu car à l’heure de l’apéro il n’y avait plus qu’une place de libre : ouf, on est vivants, on va pouvoir tester le matelas et se remettre de toutes nos émotions.

French farm

Premier camping du road trip

 

chaises akaroa

C’est l’heure de l’apéro

Je sais que je m’étends longuement sur nos péripéties, mais si on parle des paysages c’est juste incroyable. Les premières impressions sont bluffantes, on a même pas fait 100kms et on se sent vraiment dans un décor : le village d’Akaroa est super mignon, les routes alentour sont dingues (littéralement on s’arrête tous les 100m pour prendre une photo) c’est la nature, la vraie vie, on sent que ça va pas nous déplaire.

baie akaroa

Ya pire que cette baie comme premier arrêt

 

Akaroa house

Ambiance locale

Ps : le fin mot de l’histoire avait finir par arriver jusqu’à nos oreilles quelques mois après notre départ du pays : le couchsurfing a dû fermer définitivement quand la police a décidé de poursuivre notre hôte pour ses multiples « mensonges » et le mettre derrière les barreaux…

Appréciez…

5 reflexions sur “Ile du Sud c’est parti: Chch et péninsule Banks

  1. AvatarChristelle et ses gars

    Wharffff… Je l’attendais depuis si longtemps. Je suis trop contente 🤗.

    Ça commence bien ! Je rigole aujourd’hui mais ça n’a pas du tout vous faire rire a ce moment précis de cette aventure.

    J’espère que vous allez bien tous les deux. On vous embrasse bien fort, et évidemment, sans pression, on attend la suite 😄🤣

  2. AvatarChristelle et ses garçons

    Warffff ! je l’attendais depuis si longtemps et je ne suis pas déçue :-). Je suis trop contente !!
    Je rigole toute seule en lisant votre post mais j’imagine que ça n’a pas dû du tout vous faire rire sur le moment.
    Quels souvenirs !!

    Bon, évidemment, j’attends la suite avec impatience, mais sans pression hein :-).

    On espère que vous allez bien tous les deux.
    Grosses bises et à très bientôt.

  3. AvatarJardin

    Enfin !! Quel plaisir de voyager de nouveau ! Mais heureusement que je ne connaissais pas jour après jour vos petites ou grosses galères .

    Le confinement à du bon , j’attends la suite de vos aventures.

    👍🚍⛺️🔧

  4. Avatargps.

    quel bonheur que de retrouver le fil de toutes ces aventures fabuleuses et hors-normes,

    à travers une écriture, une syntaxe un style et des photos toujours aussi exceptionnels…

    véritable pansement aux maux actuels, et évasion plus que salutaire au confinement…

    bravo !

    et un grand grand merci

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