TOOL TRIP

Luzon de Batangas à Manille

taal sunset pano

La lente remontée vers le Nord…

À la suite de notre halte sur Boracay, notre plan d’attaque était le suivant: rejoindre Luzon par la mer en prenant le ferry qui rejoint Caticlan à Batangas, puis remonter vers Manille pour entamer notre boucle de la région montagneuse du Nord des Philippines.

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Le ferry philippin…en classe ECO

Même ponctualité que la SNCF

Une fois débarqués de la banca entre Boracay et Caticlan, on était prêts à embarquer sur notre premier ferry des Philippines pas vraiment réputés pour leur fiabilité ou leur ponctualité. Et bien nous avons pu aisément vérifier la partie ponctualité de la chose: on a poireauté trois bonnes heures sous un soleil de plomb avant d’embarquer et à l’arrivée à Batangas on affichait quelques cinq heures de retard.

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3 heures d’attente sur le quai mais avec le sourire…

Pas mal pour un trajet qui se fait en 30 minutes en avion, au même prix!

Pour passer le temps sur ce magnifique rafiot, nous avions choisi la classe économique (comme d’habitude) ce qui signifie pas de climatisation, pas de fenêtres et des centaines de lits superposés alignés dans un grand hall. L’effet prison est garanti mais au moins c’est beaucoup plus confort qu’une banca! Et pour une fois il n’y avait même pas 120 dB de karaoké hurlant dans nos tympans. Le luxe…

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Tout le monde dort sur le pont de la classe ECO

boat 3La galère jusqu’au bout…

Bref nous avons fini par atteindre l’immense port de Batangas à 23 heures et ce soir-là, malgré un réveil à 4 heures du matin avec les coqs, notre journée était loin d’être terminée. Il fallait d’abord trouver la sortie du port, ce qui n’est pas une mince affaire quand on débarque de nuit dans un terminal aussi grand que Fos-sur-Mer. Ne voulant pas dépenser une fortune pour quelques kilomètres, nous avons pris nos tongs et nos sacs et sommes partis à pied, la torche sur la tête, en suivant les indications de maps.me. Ok c’était pas super safe sur le moment, car on marchait sur l’autoroute de nuit avec pour seule distraction les énormes camions qui nous doublaient et qui devaient bien se demander ce qu’on foutait là. Mais au bout d’un petit quart d’heure, on a quitté la route principale et une lueur d’espoir est née quand on a aperçu la lumière du seul hôtel du coin. Ouf on n’allait pas dormir comme des clochards. Bon c’était certes la nuit la plus chère de tout notre trip dans le pays mais faut savoir ce qu’on veut. Quatre murs, un lit et des toilettes sans chasse d’eau ça se paye à Batangas!

tagaytay
Le lendemain matin, après une bonne nuit réparatrice, on s’est vite remis en route dans l’espoir de voir le lac Taal: ce lac est au milieu d’une caldeira mais sa particularité est d’avoir une ile en son centre qui elle-même possède un lac qui lui aussi à une mini ile qui flotte dessus! Un genre de poupées russes géologiques.

La lutte, et l’arnaque…

Et bien entre Batangas et Tagaytay, au total 4 jeepneys et un bus pourri, cinq heures de trajet pour à peine 60 kilomètres. Une bonne heure de marche sous 40 degrés avec 20 kilos sur le dos aussi pour trouver un resto et finir à dévorer un paquet de chips au 7/11 (Seven Eleven) au risque de finir en hypoglycémie. Et un gros vent pour aller visiter le lac en lui-même: pourquoi? Soit les locaux spécialistes du monopole nous demandaient 80€ pour une demi heure de barque, ce qui est du vol organisé et devrait être puni par la loi. Soit les touristes coréens ont refusé de partager leur bateau avec un couple de blancs, ce qui prouve leur quotient intellectuel. Soit une famille de touristes américains voulaient bien de nous sur leur barque mais une fois sur l’île ne voulait pas faire la randonnée d’une heure pour aller admirer le point du vue sur la caldeira et donc ne voulait pas nous attendre et nous aurait ainsi laisser crever sur l’autre rive.

Vous l’avez compris, on n’a pas du tout mais alors pas du tout apprecié cet endroit!

D’autant que tout est fait pour rendre le voyageur au long cours plus pauvre que pauvre et mécontent: la jeepney qui est censée vous amener du bord du lac en haut (8 kms) coûte aussi cher que douze heures de bus, la guesthouse la moins pourrie est hors de prix et blindée (->dortoir…) et le seul resto potable est le Starbucks Coffee!!!! Vite on s’en va!!!!!!

ugly faces taal

Tout ça pour ça…

Juste pour info, si jamais vous êtes tentés par l’expérience Lac Taal, il faut savoir que depuis Manille c’est beaucoup plus simple car tout le monde choisissant cet itinéraire, rien n’est fait pour aider ceux qui viennent du sud depuis Batangas par exemple. Donc si vous avez une journée (et pas mal de votre cash) à perdre allez-y mais vérifiez la météo avant de partir, sinon vous verrez ça!

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Splendide panorama sur le lac Taal…

Direction Manille, alias Tchernobyl

Ne voulant pas s’éterniser dans ce qui nous semblait être un attrape-nigaud, nous sommes partis dès le lendemain vers Manille, sans vraiment avoir le coeur à ça. En effet absolument toutes les personnes rencontrées depuis plusieurs semaines nous avaient dit tout le mal qu’elles pensaient de cette capitale, aux embouteillages quasi permanents et à la pollution atmosphérique digne de Tchernobyl. Et bien en effet, arrivés au terminal de bus, nous avons tenté de marcher avec grand peine le kilomètre qui nous séparait du centre commercial et on a renoncé, préférant le jeepney à l’agonisante marche sur le trottoir inexistant.

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Enfin la clim!

Notre après-midi nous l’avons en effet passé au Mall of Asia, l’un des plus grands centres commerciaux du monde. On était plus là par nécessité que par réelle volonté mais au moins dans les magasins, il y avait l’air climatisé.

manilla supermarket

Les tourdumondistes au supermarché, le caddie vide!

Cap au Nord

On a donc déambulé pendant plusieurs heures avec notre barda sur le dos, en essayant de tuer le temps du mieux possible. Au final, on s’est mis en route en quête d’un taxi pour rejoindre le terminal de bus à quelques kilomètres de là. Et bien c’est plus facile à dire qu’à faire: aucun taxi ne voulait nous prendre en mettant en route le compteur, arguant que c’est trop loin et qu’il y a trop d’embouteillages. À force d’abnégation on a fini par trouver, et en effet, on a pû verifier par nous-mêmes que cette ville est inhumaine. Deux heures pour parcourir 8 kilomètres c’est vraiment la torture. La seule satisfaction était le prix de la course: 3€50! Record à battre. Ayant prévu suffisamment de temps avant le départ de notre bus pour Banaue, nous avons eu le temps d’appeler la famille en France, de dîner et de se préparer au froid polaire des bus de nuit asiatiques surclimatisés. Une douzaine d’heures et des milliers de virages plus tard, nous étions dans un décor à l’opposé, dans une vallée au creux des montagnes de la Cordillera, mais ça on vous laisse patienter jusqu’au prochain article pour le découvrir.

3 reflexions sur “Luzon de Batangas à Manille

  1. Avatarmam

    ouh lala ça fait pas envie !!!!

    mais Sophie garde le sourire.

    au prochain article pour redécouvrir les paysages, parce que les grandes surfaces on connait.

    bizzzzzzzz

  2. Pingback: Banaue, Batad ou les plus vieilles rizières au monde

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