TOOL TRIP

Mongui et le paramo de Oceta

Boyaca nous voilà!

En partant de San Gil, on sentait bien la fin du voyage approcher à grands pas: il nous restait seulement quelques jours pour faire le trajet jusqu’à l’aéroport de Bogota et mettre le cap à l’Est vers la vieille Europe. On voulait donc frapper fort et finir par du lourd. Voici le résumé de notre avant dernier stop, Mongui, dans l’état de Boyaca, le village le plus haut dans lequel on aura le loisir de dormir, à quasiment 3000m d’altitude…

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Pas chaud à 3000m…

Un trajet épique, une habitude…

Pour s’y rendre depuis San Gil, on a encore un peu galéré, comme d’habitude vous me direz, puisqu’il nous fallut pas moins d’une journée entière pour parcourir les éprouvants 170kms de bus inconfortables, d’attente interminable et subir les trois barrages de l’armée/police colombienne qui nous ont bien rallongé de deux heures ce trajet. Alors c’est sûr débarquer à Mongui ça se mérite mais ça vaut le détour: ce village perché à plus de 2900m est complètement authentique, les habitants vivent comme il y a plusieurs centaines d’années, il y a très peu de tourisme (ça devient rare les endroits comme ça) et on s’y sent un peu comme dans une station de ski sans l’effervescence des vacances scolaires, l’ambiance campagne en plus.

basilica-plazaLa plaza de Mongui et sa basilique

Hôtel de luxe

Revers de la médaille, il est très difficile de se loger ici hormis le luxueux hôtel Calicanto situé en contrebas du village. Ils ont le monopole et le prix se fait sentir sur un budget comme le nôtre: 90000 pesos la nuit (petit déj compris après un âpre marchandage) pour une chambre immense mais gelée. Mais comme on voulait vraiment faire un tour dans cette contrée qui a vu naître le champion de vélo et héro national Nairo Quintana (qu’on a raté de peu…), avoir le privilège de rencontrer les descendants des Muiscas et grimper pour admirer le “paramo” avant de rentrer en France on a fait l’effort!

hotel-bridge-calicantoLe puente Calicanto et notre hôtel de luxe

Un trek guidé, et bien guidé!

Rentrons donc dans le vif du sujet avec notre objectif principal de cette halte: voir le biotope unique du paramo à presque 4000m d’altitude en plein coeur du Boayaca. Et pour cela, il faut bien sûr s’appuyer sur l’aide précieuse d’un guide. Et une fois encore notre recherche sur les blogs de voyage nous ont permis d’avoir le contact de Maria, notre guide sportive, culturelle et spirituelle qui nous permettra de passer une journée inoubliable. 

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Exercices de respiration avant d’attaquer la balade

Pour ceux qui seraient interessés, vous pouvez la contacter sur whatsapp au numéro suivant: +57 313 4798492, très pratique pour se donner rendez-vous au fin fond de la campagne perdue.

C’est comme cela, avec notre espagnol plus que balbutiant qu’on rejoint Maria vers les 8h du mat’ accompagnés de Romain et Mathilde (un couple d’étudiants en médecine) en quête de sommets, de froid, de pluie et de sueur. Mais pour le moment, c’est avec un sac à dos plein d’en-cas pour parer aux fringales, tous les habits de trek et les poumons remplis d’air frais qu’on a débuté cette balade.

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En avant Guinguamp!

Et même si sur les photos il semblerait que Maria est habillée comme pour aller au ciné à Paris nous les touristes on est en mode hardcore, sous couches, couches et sur couches, prêts à tout affronter. Cette balade se décompose en plusieurs sections: dès le début ça monte vraiment pas mal pour sortir du village et prendre de l’altitude régulièrement. On croise peu de monde, si ce n’est quelques animaux en ce dimanche matin, et quelques caballeros.

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Statues qui nous rappellent les sites de San Agustin

La route existe encore, il y même sur le bord du chemin une succession de petites statues qui nous rappellent le site de San Agustin, où ces reliques des temps anciens ont tous un petit sourire narquois aux lèvres. Maria nous raconte plein d’histoires sur la symbologie portée par ces totems, mais malgré notre bonne volonté, notre niveau d’espagnol nous fait un peu défaut. C’est pas grave, on comprend les grandes lignes, et les copains sont là pour traduire!

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La « puerta » et Maria

Ça ne fait que monter…

La route continue jusqu’à la “puerta” qui marque le début de la marche vers la section supérieure de la journée. Ici on est à 3100m et il nous reste encore 800m de dénivelé à grimper avant de pouvoir redescendre. Mais pour l’heure, la vue est à couper le souffle, qui est aussi coupé à cause de l’effort, et dégagée: on apprend plein de trucs sympas sur les plantes locales, aux vertus multiples, et grâce à la bonne humeur constante de Maria on ne risque pas de s’ennuyer. 

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Vue sur la vallée quand on commence à prendre de la hauteur

Il faut dire qu’en plus de guide pour touristes, elle est aussi écrivain et fait des représentations dans des théâtres. C’est d’ailleurs pour cela que pour les locaux ce n’est pas Maria mais Maruja son nom de scène! 

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Les explications de Maria, toujours passionnantes

En tout cas rien n’échappe à Maria sur le chemin, vous apprendrez tout ce que vous serez capables de comprendre. 

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Balade bucolique et botanique: ici une orchidée à plus de 3000m

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Allez on goûte

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Des saveurs, des parfums, des vertus médicinales

Et puis petit à petit les espaces commencent à s’étendre pour laisser place à une vue panoramique sur un immense rocher où on domine complètement les alentours. Alors oui là on en profite, il ne fait pas trop froid, c’est splendide on fait des selfies, on mange un morceau car ce qui nous attend ce n’est pas de la rigolade.

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selfie-rockJusque là on fait encore les malins!

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Tatouage végétal

On passe aux choses sérieuses

Très rapidement, 100m plus haut, la végétation change pour bientôt nous plonger dans un univers inconnu, le paramo. Alors sur wikipedia, on peut lire que c’est un biotope néotropical d’altitude, qu’on trouve dans la Cordillère des Andes, entre la limite des forêts et les neiges éternelles.

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Un frailejone d’une centaine d’années!

Grâce à Maria on va apprendre qu’il existe exactement le même biotope en Afrique sous les mêmes latitudes, et aux mêmes altitudes. Et là on peut dire bye bye aux petites fleurs colorées, aux petits arbustes et aux prairies qu’on pouvait rencontrer jusqu’à présent.

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La paramo de Oceta!

A partir de ce moment-là (vers 3300m) et jusqu’aux glaces éternelles (qu’on ne verra pas ici par manque d’altitude), on est entourés de frailejones, la végétation typique du paramo de Oceta. Ces arbres ressemblent à des énormes champignons atomiques poilus, montés sur un tronc de palmier. Unique et impressionnant. Imaginez 1m en hauteur de cet arbre équivaut à 100 ans de pousse ! Et on en a vu un ou deux qui mesuraient plus de 2m50 !!!

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Alors pour varier les plaisirs, Maria nous a fait passer par des chemins plus qu’escarpés (c’était chaud de pas rester coincés entre ces immenses roches) mais ce qui est omniprésent pendant des heures de marche c’est cette végétation unique : des frailejones à perte de vue.

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Suspense, vais-je rester coincé?

Le vrai paramo est bien là

Et bientôt cette vue on allait la perdre puisque ce qui va la plupart du temps de pair avec le paramo c’est une alternance de brume humide, de brouillard gelé, de pluie fine et de vent. Et bien on goûtera un peu à tout, sur les prochaines heures de balade.

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Comment survivre? Comment résister? La magie des plantes

On aura bien sûr le droit à de brefs passages d’éclaircies mais c’est vrai que pour atteindre le sommet vers 3900m on aura notre lot d’intempéries.

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Des frailejones par milliers, on est en plein paramo

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Un concurrent…même ici ya du localisme

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Un lunch AFFREUSEMENT inconfortable

Notre pause déjeuner se fit même dans des conditions épouvantables. Déluge, température en chute surtout qu’on était trempés de la marche, et en train de se refroidir à l’arrêt, 0m de visibilité, un grand moment pour moi même si Sophie parvint à garder le sourire…
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Selfie typique à 3800m…humide froid et le souffle court

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La pause déjeuner la plus désagréable du trip

Miracle des cieux, voici la lagune noire

Et c’est vrai qu’avant de pouvoir (entre)apercevoir la « laguna negra » en contrebas de notre point culminant du jour, on a bien galéré de longues minutes à prier les dieux comme dans Tintin pour qu’on ne passe pas à côté de ce spectacle. Ils nous ont brièvement entendu puisqu’on a pu apprécier le panorama de ce lac qui est enclavé dans ces montagnes inhospitalières mais très bien préservé et qui abrite une flore endémique vaste.

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Une éclaircie et là c’est le lac noir sous vos yeux!

Mais pour nous, pas d’opportunités de descendre là bas, pas de fenêtre météo favorable, ni d’envie non plus de traîner par ici trop longtemps. On est donc repartis un peu plus bas, récupérer un peu plus d’oxygène et échapper aux tempêtes des sommets pour mieux apprécier une géologie, une biodiversité et un paysage époustouflants.

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Une balade comme ça laisse des traces!

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frailejonesDes paysages à couper le souffle, une rareté mondiale

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Tête de chien, un frailejone bien particulier

Ce qui est sûr c’est qu’on n’est pas prêts d’oublier cette balade de 7/8 heures dans le paramo de Oceta. Ni la sympathie et la connaissance de Maria qui pour nous est le guide à choisir pour tous ceux qui souhaitent s’aventurer par ici… Gracias por todo.

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Merci Maria au top!

Mongui, c’est tranquille

Alors pour finir, et avant de rejoindre notre dernière destination de la Colombie, on s’est détendus les mollets (bien sollicités) dans les rues de Mongui, où les quelques centaines d’habitants sont vraiment des montagnards des Andes, peu nombreux et chaleureux.

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Rue typique de Mongui, pas grand monde en journée

Clin d’oeil aux fans de foot

On est allés aussi voir pourquoi ce village est si réputé dans la fabrique de ballons de foot : et en effet que ce soit sur les monuments de la plaza ou dans les usines de production de ballons ronds, le foot est partout à Mongui. Il fut alors temps de reprendre la route, direction Sogamoso pour changer de bus puis Tunja et enfin Villa de Leyva, notre ultime stop dans ce pays qui nous a tant enchanté.

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Mongui capitale nationale du ballon de foot depuis un certain temps!

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9 reflexions sur “Mongui et le paramo de Oceta

  1. Avatargps.

    encore un article trop passionnant, plein de découvertes surprenantes et enrichissantes

    avec en ultime récompense, et quelle récompense !, le magnifique sourire de Maria, miroir et condensé d’une culture et de valeurs humaines authentiques…

    trop rare…et si loin de nos images au quotidien…

  2. Avatarmam

    Oulala c’est beau et même très beau tous ces paysages , et que d’efforts à fournir pour les admirer mais quand la récompense est au bout du chemin on oublie les petites  » galères « .

    J’ai bien aimé la tête de chien, je n’en n’avais encore jamais rencontré des  » comme ça  » dans ma longue vie.

    A bientôt pour un ultime article sur la Colombie (si j’ai bien compris ). Bises

  3. AvatarFamille Duchaine

    Bouuuu… Pas d’accord, ça peut pas s’arrêter avec le prochain article, c’est pas possible, va falloir nous trouver des bêtisiers ou d’autres choses… Un bilan, puis 2, puis… Oh lala ! Je ne suis pas prête psychologiquement !
    Je ne plaisante qu’à moitié. Ah si, je sais, vous allez devoir rattraper votre road trip. Ouf, encore un peu d’évasion 😊. Et puis, je suis sûre qu’en cherchant un peu, il vous reste des choses à nous raconter.
    Sinon, super article comme d’hab’. Vous êtes des voyageurs au top.
    Bises

    1. AvatarTool Trip dreamteam

      Mais non pas d’inquiétude!!! Il nous reste quand même toutes les histoires d’Amérique centrale et la Nouvelle Zélande… Donc à peu près autant d’articles que ceux qui sont déjà publiés!
      Merci pour la lecture…
      Bises

  4. AvatarABRAM-TRUJILLO

    Bonjour,
    N’étant pas une gde sportive et en plus en altitude !!! J’ai une question
    Est ce qu comme au Pérou on vous a donné des infusions de coca pour booster
    l’organisme et mieux supporter le manque d’oxygène à 3800m ?
    MERCI pour votre réponse

  5. AvatarPauline

    Bonjour,

    Superbe article, merci de partager cette aventure.

    Quelle est la difficulté de ce trek ? Est-ce quand même abordable pour tes sportifs peu aguéris ? Est-ce tout le temps de la montée ou cela se fait progressivement ?

    Merci,
    Pauline 26 ans

    1. AvatarTool Trip dreamteam

      Bonjour Pauline,

      Merci pour le commentaire. Ce trek ne présente pas vraiment de difficultés particulières, même pour les sportifs peu aguéris! Si je me souviens bien (ça commence à dater) ça monte par palier, c’est-à-dire qu’il y a des bons pourcentages parfois et ensuite c’est plus plat avant de remonter sévère à nouveau… Dans tous les cas en prenant bien son temps ça se fait sans problème.
      Et à l’arrivée, c’est le bonheur de se retrouver seul en plein paramo avec une vue à couper le souffle (quand les nuages le permettent hihi).
      Bon voyage à toi

      Jean-Maxime.

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