TOOL TRIP

Nord de Luzon: Trek à Banaue

hdr bangaan

Banaue nous voilà

Pour contraster (et oublier) nos quelques jours passés dans le sud de Manille, nous sommes arrivés frais et dispos, à la fraiche, à Banaue, point de départ de la découverte des rizières millénaires de la région de la Cordillère dans le nord de Luzon. Nous étions prêts à changer nos tongs pour les chaussures de randonnée (ou pas dans mon cas!) et se dégourdir les jambes dans les montagnes du coin.

bus terminal 2

D’abord attendre le bus de nuit

bus terminal 1

Et je suis pas le seul…

Dès 6 heures du matin, nous nous sommes donc mis en ordre de marche pour organiser un trek de deux jours à travers les montagnes et atteindre le fameux village de Batad où apparemment règnent les rizières les plus spectaculaires au monde. Tout avait été organisé alors qu’il était à peine 8 heures: petit déjeuner pris en face de la vallée de Banaue, guide trouvé pour les deux jours négocié à un prix correct, une consigne pour garder nos gros sacs jusqu’à notre retour.

banaue

La vue depuis le balcon

batad traffic jam

Rue principale de Banaue

Tout est organisé car les bus depuis Manille sont littéralement remplis de touristes qui viennent pour la même chose: donc un petit conseil aux futurs voyageurs, essayez d’éviter les rabatteurs qui vous choppent à la descente du bus pour vous vendre le trek, ils prennent une comission enorme sur le dos des guides (qui font eux tout le boulot). Préférez à cela un petit tour sur le parking des jeepneys à Banaue (en haut d’unique rue) où vous trouverez les guides officiels que vous pourrez payer directement et améliorer un peu la qualité de leur quotidien.

banaue sunrise

scooter banaue

Scooter local

Suivez le guide

Benzon (notre guide) est donc venu nous chercher vers les 8h30 et on est partis tous les trois pour deux jours d’exploration. Un tricycle nous a d’abord amené au point de départ du trek, situé tout en haut de la montagne derrière Banaue. En chemin, petite halte au point de vue pour admirer le paysage. Ces rizières sont uniques car elles ont apparemment 2000 ans!

first viewpoint us

C’est parti!

Comme vous le voyez, elles sont faites uniquement de terre, alors que dans les prochains villages, on pourra en voir qui sont faites à partir de petits cailloux.

Ici les rizières sont transmises de génération en génération au premier né: les autres enfants héritent d’une autre destinée. Le cadet doit s’occuper toute sa vie de ses parents, alors que les enfants nés au milieu doivent étudier ! Quand vous savez que le salaire de ceux qui travaillent la terre est de 3€ par jour ici (pour 9 heures par jours passés dans les champs), je ne sais pas ce qui est préférable de choisir s’ils avaient le choix!

jungle banaue

Les premières heures du trek…

Après cette brève pause photo, on s’est mis en route sur un chemin de terre, armé de notre baton, notre meilleur ami pour les deux prochains jours dixit Benzon! En effet, le chemin peut s’avérer très glissant parfois et surtout en longeant les rizières le précipice n’est jamais loin d’un côté ou de l’autre.

terrace jm

Merci le baton

Un début en douceur…

Pendant les deux premières heures, le paysage est un peu étrange : les locaux ont décidé d’entamer la construction d’une route là où la jungle règne. Donc ça donne ça, des énormes tranchées créées à grand coup de pelleteuse au milieu de vallées de forêts vierges. Mais petit à petit, au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans la brousse, plus rien ne montre signe de civilisation à part les quelques groupes de marcheurs ci et là. La nature montre même qu’elle est imprévisible et dangereuse avec des éboulements et des glissements de terrain hyper impressionnants le long de notre parcours. En fait, ce sont les typhons qui quand ils arrivent par l’est et touchent les montagnes de Luzon déstabilisent le sol et finissent par ravager des pans entiers de forêts. Le dernier en date était en novembre dernier et n’a pas raté sa cible!

typhoon banaue

La trace laissée par le dernier typhon

Quelques heures de plus de marche et nous arrivons à Pula, le premier village sur notre route. C’est pour moi l’heure de changer de semelles, car je ressens déjà les premiers signes des ampoules sur les talons, et comme je ne veux pas revivre ce qui s’est passé en Birmanie, je passe aux tongs, comme notre guide d’ailleurs. C’est aussi ici qu’on va voir nos premières rizières caillouteuses du trip.

pula 1

Pula…en bas à droite zoomez vous verrez!!!

cold shower jm

L’eau gelée

Avant d’en prendre plein les yeux

On ira se rafraichir dans l’eau gelée de la cascade avant d’aller dans le vieux Pula, où seules quelques familles vivent. Ici le riz est bio! Vous trouvez trois types de riz nous expliquera Benzon, le blanc le brun et le noir, tous cultivés et récoltés à la main, puis transformés en grains de riz sans aucune machine! Vu la quantité de riz qu’on dévore en Asie vous imaginez le boulot que ça représente. Cette pause déjeuner partagée avec la matriarche du village sera une belle rencontre, avec en bruit de fond les enfants de l’école de Pula qui jouait au basket dans la cour et pour décor des rizières à perte de vue.

rice

rice making

Au boulot!

terrace

Notre route à travers les rizieres

Mais pas trop le temps de s’attarder, car ce jour-là nous avions encore quatre heures de marche pour atteindre Cambulo notre village pour la nuit. La portion du trek entre les deux villages est juste féerique: on ne croise que des philippins, souvent des enfants qui ramènent des sacs de sable de retour de l’école pour construire la maison de leurs parents. On ne fait que des arrêts photo pour immortaliser les rizières toutes plus belles les unes que les autres. On traverse la rivière sur un pont suspendu qui tient par l’opération du saint esprit.

trek Pano

pula to cambulo

water terrace cambulo

Sans commentaire

bridge soph

Euhhh c’est chaud la non?

cambulo Pano

Admirez la vue

Halte pour la nuit

Et finalement, après 18 kilomètres de marches d’escalier on arrive à Cambulo un petit village complètement perdu, qui ne reçoit même pas le réseau des téléphones mobiles…pas de Macdo, pas de Starbucks, pas de supermarchés! Imaginez une petite communauté, regroupée au bord d’une rivière avec une école, un bûcheron quelques cochons, coqs et chiens pour l’ambiance et une vingtaine d’étrangers venus à pied qui chaque soir passent la nuit sur place avant de poursuivre leur chemin vers Batad le lendemain.

cambulo house

Notre maison pour la nuit

Pour nous, l’expérience fut encore un peu plus authentique puisque la guesthouse censée nous accueillir était complète (quand je vous dis qu’il ne faut pas faire confiance aux intermédiaires qui prennent toute la thune des guides et qui ne font même pas leur travail), donc on a passé la nuit dans une maison traditionnelle à même le sol, sur un tapis et avec une bougie pour nous éclairer.

bedroom cambulo

Au final pas de quoi se plaindre par rapport au dortoir ou aux chambres aménagées proposées aux autres marcheurs. Nous passerons vraiment une superbe soirée avec les autres guides autour d’un feu de camp à les écouter revisiter les tubes des années 70/80 avec une guitare à la main. Mention spéciale à Dereck, le guide au bandana, qui nous a fait rêver sous les étoiles de Cambulo.

cambulo kids

Bye byyyyyyyye les enfants de Cambulo

C’est reparti

Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner et armé d’un « pack lunch » pour éviter de crever de faim, on repart direction Batad, le clou du spectacle. Il ne faut que deux heures pour atteindre le point de vue de cet amphithéâtre à ciel ouvert, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais la route présage vraiment de ce qui nous attend à Batad: on monte on descend on remonte on redescend, on traverse une rivière car le pont est en construction, on s’arrête pour une pause boisson, et puis voilà on arrive en haut de Batad! La vue est à couper le souffle, jamais vu un truc pareil.

soph walking

En avant, marche!

soph terrace

Into the wild

cambulo rice

Alors bien-sûr on aurait préféré voir les rizières un peu plus tard dans la saison, juste avant la récolte pour qu’elles soient d’un vert éclatant mais c’est déjà pas mal d’assister à ce spectacle.

Et tout ce riz n’est que pour la consommation locale, ce qui est vrai d’ailleurs pour toute la region: vous ne trouverez du riz de Banaue/Batad que si vous l’achetez en venant ici. Petite précision que l’on trouve assez sympa avec Sophie puisque les locaux auraient pu choisir d’en faire tout un commerce mais se contente de faire visiter l’endroit aux touristes.

batad post

terrace batad

Batad dans toute sa splendeur

soph and jm batad

Les randonneurs contents!

Une fois avoir pris 2000 photos, nous avons fait un détour par la cascade, pour se rafraichir: elle vaut le coup mais elle se mérite car des centaines de marches bien pentues sont nécessaires pour y accéder et c’est vraiment éprouvant. Mais la récompense est bien là avec une énorme cascade de près de 25 mètres de haut.

waterfall batad

Elle se mérite celle là

Des photos, toujours des photos encore des photos

Le reste de notre journée fut consacrée à prendre d’autres photos de Batad depuis le point de vue à l’opposé du premier, et faire le chemin retour jusqu’au tricycle qui devait nous ramener par la route à Banaue.

soph batad

Heureuse!

jm batad

Heureux!

pula rice terrace

batad water

Une fin en mode calvaire

J’ai trouvé la fin du trek vraiment épuisante car ça ne fait que monter pendant des heures avec des pourcentages pas possibles et les milliers d’escaliers depuis la veille se font sentir sur les mollets. Arrivés (enfin) en haut du « saddle » c’est la victoire et la récompense avec un Coca bien frais pour se ravitailler. On finira notre trek par un ultime détour pour admirer les rizières de Bangaan qui n’ont rien à envier aux autres, clou de ces deux jours qu’on a adoré (c’est d’ailleurs notre photo principale de cet article).

bangaan cement

Le monte charge dans la vallée

truck road

La route, pas encore terminée

dream team

Merci Benzon!

Un trek ENORME

Encore une fois tous nos remerciements à Benzon avec qui on a passé un super moment et pour qui on a plein de respect car il fait ce trek au moins une fois par semaine (alors que nous on a eu les jambes en compote pendant trois jours!). Une fois revenus au point de départ à Banaue, nous avons apprécié une bonne douche repas avant d’aller se coucher hyper tôt pour récupérer. Prochaine destination: Sagada!

hdr light

Juste pour le plaisir…

4 reflexions sur “Nord de Luzon: Trek à Banaue

  1. Avatarmam

    alors là , c’est époustouflant !!!!

    cette fois je choisi toutes les photos pour les accrocher au mur.

    bizzzzzzzzzzz

  2. Pingback: Cerceuils suspendus et spéléologie à Sagada

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